Quand Thomas Guérin nous a appelés, il ne voulait pas « un site ». Il voulait arrêter de sortir du fournil les mains pleines de farine pour noter une commande de vingt pièces sur un carnet.
Comptées sur une semaine témoin : 41 appels quotidiens, dont 26 pour demander les horaires ou savoir s'il restait des croissants. Chacun interrompait une tâche en cours dans le fournil.
Sans visibilité sur la demande, la maison produisait « au cas où ». Résultat : des invendus certains dimanches, des ruptures à 10 h les autres, et aucun moyen d'anticiper.
La fiche Google indiquait de mauvais horaires depuis deux ans et n'avait aucune photo. Sur « boulangerie Montgeron », la maison sortait en dixième position, derrière trois enseignes industrielles.
Nous avons écarté le blog, l'espace fidélité et la boutique de coffrets, qui figuraient dans la première liste d'envies. Ils auraient allongé le projet de trois semaines sans répondre au problème.
48 produits, une case à cocher le matin pour signaler une rupture. C'est ce qui a supprimé la moitié des appels.
Paiement en ligne, créneau de retrait, SMS quand le sac est prêt. Le comptoir « Commandes » a été créé dans la foulée.
Horaires corrigés, 24 photos réelles, et une demande d'avis glissée dans le SMS de retrait.
Le levain de 1987, le four à sole, les sept salariés. C'est la deuxième page la plus lue du site.
La boulangerie n'a jamais fermé, et Thomas n'a passé que quatre heures au total sur le projet — dont deux à goûter les textes.
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On a arrêté de décrocher le téléphone en pleine fournée. Les gens commandent la veille, on prépare, ils passent prendre. Le dimanche a changé de visage — et je ne jette plus rien.
Nous avions ouvert des tranches d'une heure. Trop de monde arrivait au même moment. Nous sommes passés à quinze minutes au bout de trois semaines.
Les premières, prises au téléphone en fin de journée, ne rendaient pas justice aux produits. Une demi-journée avec un photographe a fait plus pour les ventes que trois réglages techniques.